Si on chantait est un roman qui fait du bien à maints égards, à l’image de ces comédies de Noël dont on pressent l’issue heureuse sans pour autant éviter de vibrer pour ses héros.

Chronique littéraire d’Emilie P-E

Si on chantait est un roman qui fait du bien à maints égards, à l’image de ces comédies de Noël dont on pressent l’issue heureuse sans pour autant éviter de vibrer pour ses héros. Ici : Ambre et Louis-Edmond, amis, amoureux en devenir, dans la même classe mais pas de la même classe, comme ils le découvriront au début de l’aventure. L’une, issue d’une fratrie de 8 enfants, en quête d’espace et d’intimité, l’autre, esseulé et un peu perdu dans sa grande limousine, seront rapidement happés dans une histoire drôle et irrésistible où les faux-semblants seront de mise et où la solidarité l’emportera sur la trahison et la différence.

Une comédie polyphonique composée par 13 grands noms de la littérature de jeunesse flirtant habilement avec l’art du clin d’œil, du rebondissement inattendu, se relayant à chaque chapitre sans jamais tourner à la cacophonie.

A l’image du chant choral, qu’affectionnent, perchés au 13ème étage de la Tour F, Ambre et ses frères et sœurs, nos romancières et romanciers se sont lancés dans l’art périlleux du canon, gardant l’harmonie tout en apportant tour à tour leur propre tessiture. L’effet est jubilatoire, en fonction des auteurs, le lecteur ne sait jamais à quel rebond s’attendre à la manière des feuilletons fleuves qu’affectionne Antoinette, la maman de la fratrie. Son cœur d’artichaut fera d’ailleurs glisser inexorablement toute la famille mais aussi, Louis-Edmond et une suite de personnages qui viennent s’ajouter au fur et à mesure de l’histoire, dans une aventure rocambolesque.

Comme je l’écrivais, le lecteur se doutera que malgré la menace des services sociaux, les courses-poursuites, les conflits de classe sociale, les arnaques, les quiproquos, le canapé cannibale, les enfants se sortiront de toute cette histoire, mais comment ? Qu’adviendra-t-il de nos héros aux prises, à chaque chapitre, avec un nouveau maître prêt à s’emparer de leur destinée et donner du fil à retordre, ou pas, à l’auteur suivant ? Peut-être que ce roman facétieux donnera envie de lire ou de chanter, mais le plaisir évident qu’ont pris les auteurs à ce relais littéraire pourrait aussi susciter des envies d’écriture.

Et, cerise sur le gâteau, tous les bénéfices de la vente de ce roman, à la fois léger tout en étant très fin, sont reversés au Secours Populaire. Un roman qui fait du bien, je vous disais… 

Et si on chantait, Susie Morgenstern, Timothée de Fombelle, Clémentine Beauvais, Yves Grevet, Vincent Villeminot, Anne-Laure Bondoux, Stéphane Michaka, Christophe Mauri, Victor Dixen, Christelle Dabos, Jean-Claude Mourlevat, François Place, Jean-Philippe Arrou-Vignod, Pocket Junior, 2020
https://www.lisez.com/livre-grand-format/si-on-chantait/9782266294201

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